La Communautéd’agglomération Melun Val de Seine (CAMVS)
RENOUVELLEMENT URBAIN A MELUN

1.PRESENTATION DU SITE

La ville de Melun, 37.000 habitants, s’est construite par « phases » :

-le centre ville et l’île Saint-Etienne constituent le cœur historique de la ville caractérisé par un tissu urbain ancien, un habitat de petits collectifs privés et la concentration de la majeure partie des équipements de la ville.

-le sud a connu une urbanisation en faubourgs le long de l’avenue Thiers et une extension pavillonnaire autour de la gare.

-les quartiers nord qui accueillent la quasi-totalité de l’habitat social de la ville se sont construits dans la partie nord de la ville, principalement au cours des années 1950 et 1970.

Le périmètre de l’étude de renouvellement urbain recouvre les cinq quartiers nord de la ville de Melun, retenus dans le cadre de la Politique de la Ville, le quartier Plein Ciel de la ville du Mée-sur-Seine, intégré au projet à cause de sa situation géographique et de ses liens avec les quartiers périphériques de Melun, et la Plaine de Montaigu, site appartenant à la ville de Melun, d’une superficie de 130 hectares, et non encore urbanisé.

Les quartiers nord de Melun représentent une superficie totale de 195 hectares. Ils sont composés du quartier Schuman, du quartier du plateau de Corbeil, du quartier Montaigu, du quartier des Mézereaux et du quartier de l’Almont. Construits dans les années 1950-1970, ils sont principalement des quartiers d’habitat social. Ils représentent 47,4% des résidences principales de la ville, soit 5.980 logements. Ils abritent 22.266 habitants, soit 62,48% de la population melunaise. Il ressort une forte concentration des logements sociaux de la ville sur les quartiers nord (88%). Sur les quartiers nord, la proportion de logements sociaux par rapport au logement total atteint 72%.

Ces cinq quartiers sont contigus les uns aux autres. Ils forment une ligne séparatrice entre le centre de Melun et les communes avoisinantes, en allant de l’ouest jusqu’à l’est de Melun, sur tout le pan nord de la commune. Les programmes de construction des quartiers nord (1950-1970) visaient à accueillir une population dense dans un temps record. Ils n’ont par conséquent répondu à aucun projet urbain global et cohérent. Cela pose aujourd’hui des problèmes de fonctionnement et des problèmes sociologiques à la ville qui doit améliorer la situation en cherchant à relier ces quartiers tant dans leurs formes urbaines que dans leur fonctionnalité.

Les différents quartiers nord de Melun et le quartier Plein Ciel du Mée-sur-Seine souffrent d’un réel déficit d’image. Les problèmes d’occupation des halls et les dégradations en sont principalement la cause. L’absence de mixité sociale d’une part et, d’autre part, l’urbanisme de ces quartiers favorisent le développement de ces problèmes. Le fonctionnement en square fermé, en îlot cloisonné où aucune voiture ne passe, favorise l’essor de divers trafics et de zones de violence. Enfin, ces quartiers sont principalement des quartiers d’habitat social. Très peu de logements privés et d’activités économiques sont implantés sur ces quartiers. L’absence de mixité d’usage ne fait que renforcer et entretenir ce déficit d’image. Le changement d’image de ces quartiers implique nécessairement l’introduction d’une mixité d’usage et d’une mixité de fonction.

Depuis plus de quinze ans, la ville s’est engagée dans un vaste programme d’amélioration de la vie des populations vivant dans ses quartiers nord, classés en zone urbaine sensible et en zone de redynamisation urbaine, en mettant en œuvre des politiques territorialisées de développement solidaire et de renouvellement urbain. Aujourd’hui, le dispositif Zone Franche Urbaine, même si il arrive à échéance le 31 Décembre 2008, apparaît comme une aubaine pour la ville qui trouve là un outil supplémentaire devant l’aider à accélérer le processus de développement économique et urbain de ces quartiers.

Le périmètre de la Zone Franche Urbaine est inclus dans le périmètre de l’étude. En enlevant la Plaine de Montaigu, il lui correspond tout à fait. La ville a commencé à recenser les terrains disponibles pour l’accueil d’activités économiques sur le périmètre ZFU. Les réserves foncières de la ville sur ce secteur sont malheureusement très limitées. Le schéma de cohérence devra ainsi s’attacher à dégager un nombre important de droits à bâtir des bureaux et des diverses activités économiques.

2. ETAT DES LIEUX DES QUARTIERS

° Le quartier Plein Ciel

Construit entre 1963 et 1970, ce quartier, séparé du reste de la ville du Mée-sur-Seine par la RN6, est tourné essentiellement vers Melun. On compte 1.295 habitants et 667 logements, dont 30% de logements sociaux gérés par un seul bailleur, EFIDIS. Le quartier est bien desservi en équipements. Parmi eux, un important centre commercial qui fonctionne bien, mais qui est mal intégré aux quartier et qui crée des problèmes de stationnement à ses abords, renforcés par la proximité d’une clinique. Il y a aussi des problèmes liés à une trop forte circulation de transit. La voirie actuelle, étant pour la majeure partie du domaine privé et présentant de nombreuses coupures, favorise l’enclavement et le repliement du quartier sur lui-même. Le quartier est d’autre part stigmatisé par la tour tripode en copropriété (315 logements), qui rencontre de nombreuses difficultés (18% de logements vacants, problèmes d’occupation sociale, dégradations…).

° Le quartier Schuman

Le quartier Schuman est un secteur enclavé et replié sur lui-même. Ce quartier isolé, coupé de la ville, est cerné par la RN6 sur le flanc est, par la RN446 sur le côté ouest, la rocade à l’aile sud. Il est coupé en deux par la présence de l’enceinte de la gendarmerie nationale. Il y a 2.268 habitants et 848 logements, dont 23% de logements sociaux gérés par l’OPDHLM77 et Trois Moulins Habitat. L’habitat date des années 1965/1968 et est composé essentiellement de logements sociaux et de logements pour les fonctionnaires et les gendarmes. Des écoles, un stade et une maison de quartier sont présents, ainsi que des aires de jeux et des espaces verts ; par contre, il n’existe pas de centre commercial de proximité dans ce quartier. Il y eu de gros problèmes d’occupation sociale et de dégradations par le passé. L’équilibre du quartier est encore fragile.

° Le quartier du plateau de Corbeil

Le quartier est plutôt calme ; le cadre de vie résidentiel. 4.579 habitants y vivent, dans 1.900 logements. L’habitat, construit dans les années 1954/1963, est essentiellement constitué de logements sociaux (69%), mais comporte également des copropriétés et du pavillonnaire. Deux bailleurs sociaux sont présents : l’OPDHLM77 sur la majorité du parc social et les Foyers de Seine et Marne, qui y possèdent 78 maisons de ville individuelles et un immeuble collectif de 12 logements. On distingue de nombreuses activités économiques, notamment une clinique (à proximité) et trois petits centres commerciaux (dont un est en voie de désertification, désormais « organisée » en concertation avec la Mairie). Il y a aussi d’autres équipements publics (groupe scolaire, crèches, maison de quartier), et le quartier est bien desservi en transports en commun. Pour autant, le fonctionnement social est insatisfaisant, les îlots sont cloisonnés et il y a des problèmes de dégradation et de stationnement variables selon les endroits.

° Le quartier Montaigu

Le quartier Montaigu est un quartier central dans les quartiers nord. Il est relativement ouvert sur la ville et doté de nombreux services, équipements publics et pôles commerciaux. Sa vocation de centralité secondaire est appelée à se développer, en lien avec l’aménagement de la Plaine de Montaigu. On recense 5.182 habitants et 2.070 logements, dont 83% de logements sociaux, appartenant principalement à l’OPDHLM77, mais aussi aux Foyers de Seine et Marne et à Trois Moulins Habitat. C’est un quartier d’habitat social construit dans les années 60, plutôt aéré et organisé en squares (barres R+4/tours). L’urbanisme en squares ne favorise pas le lien social, il y a des problèmes de voisinage, des dégradations et une vacance élevée dans certaines cages d’escalier. On note quand même un fort attachement des habitants à leur quartier, vivant et animé.

° Le quartier des Mézereaux

3.567 habitants vivent aux Mézereaux, dans 1.245 logements, dont 90% sont sociaux. De nombreux bailleurs sociaux sont présents : OPDHLM77, Foyers de Seine et Marne, SCIC, Trois Moulins Habitat, 3F. La population est caractérisée par un profil socio-économique très fragile, avec une forte proportion de ménages de nationalité étrangère. Il existe peu d’espaces verts aménagés et il n’y a pas de structures d’accueil pour la petite enfance, ni de structures culturelles et sportives. L’action publique est peu visible et la vie socio-culturelle peu développée malgré la présence d’une mosquée. Le secteur est enclavé, il a une mauvaise image, due notamment à un certain sentiment d’insécurité et aux regroupements de jeunes devant le centre commercial du quartier.

° Le quartier de l’Almont

Le quartier, bien intégré à la ville, est composé de deux sous-secteurs :

            -le Haut Almont (secteur plutôt familial, situé à proximité du centre commercial)

            -le Bas Almont (secteur qui accueille des jeunes ménages aux revenus plus modestes)

On dénombre 6.672 habitants et 2.208 logements, dont 72% de logements sociaux, appartenant aux Foyers de Seine et Marne, à l’OPDHLM77, à Trois Moulins Habitat et à Domaxis. C’est un urbanisme de tours et de barres, mais le patrimoine est en bon état et la vacance faible. Il y a un bon niveau d’équipements, avec un centre commercial important qui fonctionne bien, et beaucoup d’espaces verts (parcs, aires de jeux). C’est un quartier apprécié des habitants, mais il a tendance à perdre en attractivité, la population tend à se fragiliser et les dégradations commencent.

Le diagnostic permet de dégager les principaux enjeux du renouvellement urbain de ces quartiers :

-Relier les différents quartiers nord entre eux afin d’améliorer le cadre de vie des habitants.

-Rechercher les conditions « d’accroche urbaine » assurant une parfaite intégration de la Plaine de Montaigu aux quartiers habités de la ville.

-Changer radicalement le statut, l’image et la perception des quartiers nord et permettre la réalisation d’un projet urbain global, intégrant le développement de la Plaine de Montaigu.

            -Améliorer la circulation et le stationnement.

            -Dédensifier l’habitat social et introduire une plus grande mixité de l’habitat.

            -Introduire une plus grande mixité de fonction avec l’aide du dispositif ZFU.

3. LES PROPOSITIONS D’ACTIONS

Des actions de requalification urbaine et de résidentialisation, ainsi que des opérations de démolition/reconstruction sont proposées sur les quartiers.

° Le quartier Plein Ciel

Contrairement aux quartiers nord de Melun, le quartier Plein Ciel n’avait jamais fait l’objet d’une étude de renouvellement urbain. L’état des lieux a permis de dégager un certain nombre d’enjeux fondamentaux auxquels le projet se doit de répondre :

-valorisation et réorganisation de l’entrée du quartier par l’allée de Plein Ciel requalifiée : création d’une place devant le centre commercial et principe de liaison avec le quartier du plateau de Corbeil

-amélioration de l’attractivité et de l’accessibilité du centre commercial

-création de stationnement supplémentaire pour les commerces et les logements

-désenclavement du quartier

-réorganisation de la voirie et dédensification de l’habitat

Il n’y a aucune opération de démolition/reconstruction sur les 197 logements sociaux du quartier.

° Le quartier Schuman

Le désenclavement du secteur étant l’objectif principal, le projet prévoit la création d’une voie s’ouvrant sur l’avenue du Général Patton (RN6), créant ainsi une nouvelle entrée dans le quartier. De part et d’autre de cette entrée, seront crées des parkings, qui se trouveront ainsi à l’arrière, sous les fenêtres des bâtiments d’habitation, ce qui devrait résoudre les problèmes de stationnement actuels, dus à un réel sentiment d’insécurité sur les parkings existants. D’autre part, l’espace extérieur devant les immeubles TMH et la tour de l’OPDHLM77, espace de vie commune mais entièrement bétonné aujourd’hui, sera revalorisé par un traitement paysager. Le projet prévoit aussi un dégagement d’emprise foncière sur l’actuel terrain de rugby municipal et la requalification de la façade du quartier, située en entrée de ville, par l’implantation d’activités économiques. Il n y a donc pas de démolitions prévues sur les 193 logements sociaux du quartier, mais des constructions nouvelles : 170 logements (dont 80 sociaux) et 8.000 m² d’activités.

° Le quartier du plateau de Corbeil

Les enjeux principaux sur ce quartier sont le désenclavement des différents îlots, l’amélioration de la desserte routière et une meilleure accessibilité aux équipements publics et au centre commercial Ribot. Sur le square Chateaubriand, il faut réorganiser les voies de circulation et créer une offre de stationnement supplémentaire. Le square Gaston Tunc avec son centre commercial en voie de désertification stigmatise l’image négative du quartier. Sa situation en bordure de rocade et sa forme architecturale en îlot cloisonné avec des halls traversants favorisent le développement de divers trafics illicites. C’est pourquoi le projet propose trois options, qui vont de la démolition « minimale » d’une barre jusqu’à la démolition totale de l’îlot et la création d’une nouvelle façade économique, située en bordure d’îlot en même temps qu’en entrée de ville. Il y aurait donc jusqu’à 269 logements à démolir, soit 22% des 1.225 logements sociaux que compte le quartier. On pourrait reconstruire 200 logements, dont 70 sociaux, et créer 6.000m² d’activités.

° Le quartier Montaigu

L’urbanisation future de la Plaine de Montaigu constitue un des éléments forts du renouvellement urbain du quartier, car elle impulse une nouvelle dynamique. Des principes de liaisons avec la Plaine sont donc à intégrer au projet, sous forme de prolongation de voies, création d’une coulée verte traversante et transformation de la rocade en boulevard urbain. Il est aussi prévu d’augmenter l’attractivité des pôles commerciaux, en améliorant leur accessibilité et leur visibilité, et aussi de dégager des opportunités foncières pour la construction de nouveaux logements. Enfin, derniers points clés à traiter : les espaces extérieurs et la voirie (afin de désenclaver les îlots), ainsi que les différents squares à résidentialiser, en donnant à chacun une identité propre. Parmi les 1.747 logements sociaux du quartier, il y aurait 50 à démolir, soit 4%. On pourrait reconstruire au moins 90 logements « libres » et créer 3.000m² d’activités tertiaires).

° Le quartier des Mézereaux

Sur ce quartier, l’élément essentiel est la destruction d’un immeuble de la SCIC pour tourner le centre commercial vers la rue Lavoisier et le relier ainsi au discount ALDI existant. Ce regroupement des activités commerciales améliore leur accessibilité et leur visibilité, il génère une véritable vitrine de commerces qui valorise l’entrée du quartier. Le schéma prévoit aussi de créer des liaisons supplémentaires entre le quartier Montaigu et les Mézereaux, dans le but de désenclaver le quartier et d’améliorer son accessibilité. La reconfiguration de l’échangeur en limite de Rubelles permet de lui donner une dimension plus urbaine et de lier pleinement les habitations des Mézereaux au centre commercial autour du supermarché Champion. Enfin, le projet prévoit le traitement des espaces extérieurs laissés à l’abandon et l’installation d’un petit programme de maisons individuelles en accession à la propriété. Sur les 973 logements sociaux des Mézereaux, il est donc prévu de démolir 126, soit 13%, et de reconstruire 120 logements, dont 30 sociaux.

° Le quartier de l’Almont

Le quartier de l’Almont est probablement le quartier qui souffre le moins du déficit général d’image des quartiers nord de la ville. Il ressort cependant un manque de dynamisme et une perte d’attractivité du quartier depuis quelque temps. Le principal objectif est donc de redynamiser le quartier de l’Almont en valorisant ses atouts : un centre commercial important et la présence du parc de l’Almont. Le projet s’attache plus particulièrement au traitement de deux secteurs stratégiques :

-la place Albert Gorge, sur le Bas-Almont, dont on réorganise les espaces extérieurs, voirie et stationnement

-sur le Haut-Almont, l’îlot Rue Georges Bernanos/Avenue Maréchal Juin, trop désert aujourd’hui, est à mettre en valeur, ainsi que la place des commerces en face et le futur mail Pierre Brossolette sur l’arrière

Sur les 1.568 logements sociaux que compte le quartier, il y en aurait 140 à démolir, soit 9%, et on pourrait reconstruire 340 logements, dont 160 sociaux. On pourrait aussi créer 5.500 m² d’activités tertiaires.

Pour résumer, le bilan démolitions/reconstructions fait apparaître un total de 585 logements à démolir parmi les 5.903 logements sociaux du secteur étudié, équilibrés par 920 logements à reconstruire, dont 340 sociaux. En ce qui concerne les activités, il y a 22.500m² de surfaces tertiaires prévues.

Dans l’élaboration du phasage ANRU, la priorité a été donnée au quartier Montaigu et au quartier du plateau de Corbeil. Le quartier Montaigu occupe en effet une position centrale et prépondérante. Il symbolise en quelque sorte l’ensemble des quartiers nord de la ville. Son changement d’image marquera dans les esprits la volonté municipale de transformer les quartiers nord afin de les rendre plus agréables et plus attractifs. La requalification du plateau de Corbeil est également prioritaire. Il est le premier quartier que l’on voit et que l’on traverse en arrivant de Paris par l’autoroute A5. Il est donc impératif de le traiter prioritairement pour créer une belle façade d’entrée de ville. A l’intérieur de chaque quartier, priorité a été donnée aux relogements et à l’augmentation de l’attractivité des centres commerciaux. Une des autres composantes majeures à intégrer dans le phasage est le périmètre ZFU qui se termine en décembre 2008. La livraison des bureaux et autres programmes économiques prévus doit donc avoir lieu avant ce délai limite. Toutes les opérations de requalification des espaces extérieurs, de résidentialisation et de démolition devraient aussi être réalisées avant cette date.

Le projet de Melun n’a pas encore été déposé à l’ANRU, mais il bénéficie d’une inscription en liste 1 (quartiers prioritaires auxquels 70% du budget de l’ANRU est destiné).