Parc de l’Exposition Nationale - 2
parc Carol
Bucarest
1905-1906

Urbaniste-paysagiste
Edouard REDONT

Architectes : Stefan BURCUS, Victor STEFANESCU, Alexandru CLAVEL, Nicolae GHIKA BUDESTI, Grigore CERCHEZ, I.D. BERINDEY, Grigore CALINESCU

L’exposition générale et jubilaire roumaine de 1906 a été aménagée sur une surface d’approximativement 42 hectares transformés en parc dans ce but, avec un lac artificiel de 20.000 mètres carrés, jardins libres, 60 palais officiels, 88 pavillons, un parc d’architecture vernaculaire, les pavillons de la France, de l’Autriche, de la Hongrie; trois pavillons ethnographiques destinés à l’industrie traditionnelle des provinces habitées par des roumains se trouvant à l’extérieur des frontières nationales de l’Etat au moment de l’exposition (Macédoine, Ardeal, Bucovine et Bessarabie). L’exposition de 1906 a été avant tout un projet de modernisation urbaine de proportions notables. Dans le sud-ouest de Bucarest, dans une zone en rapide industrialisation, un vaste terrain marécageux, croisé par une route bordée d’arbres séculaires a été incorporée dans la ville en tant qu’espace public. Un concours, des débats professionnels, des interventions politiques et un plan général ont précédé les travaux amples d’équipement urbain (canalisation, eau, routes, installations électriques).

L’exposition de 1906 a été dédiée à une triple célébration. 45 ans avant, Bucarest était devenu la capitale d’un nouvel Etat. En 1906, on célébrait l'anniversaire des 40 ans depuis l’installation du futur roi Carol I sur le trône des Principautés Unies et 25 ans depuis son couronnement en tant que roi du Royaume de la Roumanie. Toujours en 1906, on célébrait deux millénaires depuis l’arrivée des légions romaines en Dacie. L'état consolidé par le roi, l’autorité d’une classe politique engagée dans le projet de libéraliser les structures économiques et sociales, l’ouverture de la vie politique vers les pratiques démocratiques et l’affirmation de l’appartenance au monde latin et au monde européen ont été les repères programmatiques du message de l’exposition nationale. L’exposition de Bucarest a repris un manifeste national et patriotique et l’a consacré dans les édifices construits. La pluralité du vocabulaire architectural, local, mais aussi universaliste, dans sa variante Art Nouveau, sera associée au projet de modernité politique et sociale en tant que signe de la synchronie de l’espace roumain avec les évolutions culturelles, économiques et politiques européennes.

Le plan général de l’exposition a été confié à l’urbaniste français Edouard Redont, associé à un bureau d’architecture ayant à sa tête les architectes Stefan Burcus et Victor Stefanescu et avec I. D. Berindey comme inspecteur technique. L’exposition a incorporé des répliques ou des interprétations d’architecture populaire et des installations techniques traditionnelles (des moulins, des fermes, des salines, des installations d’extraction pétrolifère), tout comme des références à un Moyen Age romancé (la réplique d’une église médiévale, le château d’eau et de petits pavillons ont été traités comme des bastions médiévaux). Le pavillon royal a été construit dans le style romantique régional qui sera nommé plus tard Néo-roumain.

A l’occasion de l’exposition nationale de 1906, ensemble avec le style national, un flamboyant Art Nouveau fait son entrée sur la scène de la capitale de Roumanie. Le pavillon des industries confirme le contracte de la nouvelle architecture avec la vocation modernisatrice du moment. L’espace aménagé et certains pavillons construits en 1906 (Le palais culturel, Le pavillon royal, des édicules d’architecture vernaculaire) ont été utilisés jusqu’à la deuxième guerre mondiale pour des festivités municipales, des expositions nationales ou industrielles. Dans les années 60, le parc a été réaménagé pour recevoir un monument commémoratif sépulcral des leaders du régime communiste. A présent, il reste encore l’église, la tour médiévale, les arènes romaines et certains aménagements paysagers.

Matériaux : Aménagements paysagers; Murs porteurs pour les pavillons permanents, structures temporaires sur squelette en bois ou en métal.

Influences : Art Nouveau, Sécession, récupérations historicistes, Romantisme National (Néo-roumain); Répliques d’architecture vernaculaire

Contexte urbain : L’extension du périmètre urbain de la capitale dans une zone en rapide industrialisation par un parc à fonction représentative, publique et communautaire,

Parc historique

Artistes: Dimitrie Paciurea, Fritz Storck, Filip Marin