"L’aigle noir"
place Unirii / rue Independentei
Oradea
1907-1909

Architectes
Marcell KOMOR
Deszo JAKAB

Immeuble de rapport à l'origine, l'"Aigle Noir" est devenu un centre "multifonctions". Ilot urbain à fonctions multiples desservie d’une rue intérieure en Y à trois accès, présentant vers la ville des façades consolidées d’immeuble de rapport, "L’aigle noir" inclut un cinéma, une salle de théâtre à foyers généreux, un hôtel, des bureaux, des espaces commerciaux, des salles de réunion et des habitations.

Du point de vue chronologique, "L’aigle noir" précède les travaux de grandes dimensions, réalisés par le partenariat des architectes Jakab/Komor à Targu Mures et doit être classé parmi les plus importantes et complexes architectures Sécession de Transylvanie. Les façades cumulent avec habileté tout l’arsenal formel du moment - volumétrie sculpturale, en associant le décroché vertical aux registres horizontaux, variété de matériaux et de techniques décoratives, maniement ingénieux de l’asymétrie; éléments folkloriques, greniers qui remodèlent le toit dans des lignes fluides, un certain humour dans la citation d’images folkloriques (par exemple, le coq sur le coin courbe du bâtiment) ou l’attitude Art Nouveau en ce qui concerne les ouvertures cloisonnées par des éléments de structure et développées sur deux niveaux. L’escalier monumental de la salle de spectacle présente une balustrade intéressante et massive, l’arc en plein cintre et les croisements de voûtes basses soutenues par des colonnettes courtes ou des encadrements en bulbe d’oignon suggèrent une consonance possible avec le "moderne" russe contemporain, mais aussi avec l’atmosphère viennoise par l’emprunt du motif de "carré de carrés". Le programme adressé à un public urbain large, peut-être populaire, et à des occupations définies aujourd’hui comme loisir ont encouragé une expression architecturale plus libre et plus imaginative que dans les constructions officielles de Targu Mures. Même si relativement bien conservé, avec substance décorative et beaucoup de solutions ornementales encore visibles (cependant, la couverture initiale est perdue, étant remplacée sans habileté par des écailles en matériel artificiel, ainsi que les oeuvres d’art du passage, modifié plusieurs fois), "L’aigle noir" est confronté à des difficultés financières et des problèmes générés par des intérêts et des goûts divergents.

Matériaux : Brique, béton armé, céramique, décorations en stucs, verre

Techniques : Murs porteurs, charpente en bois, couverture de tuile, sgraffite polychrome, finition en huile sur crépi préparés à l’intérieur, ferronneries, vitraux, couvertures en métal et en verre

Influences : Style Secession magyar en variante urbaine ample, avec de nombreuses références au folklore local.

Contexte urbain : Emplacement privilégié au centre de la ville, à double ouverture vers un square monumental et vers le quai de la rivière Crisul Repede, les deux étant aménagés dans les années 30 par l'architecte réputé et professeur bucarestois Duiliu Marcu.


Artistes: Vitraux par K Neuman, exécutés dans son atelier de verrerie artistique de Oradea, partiellement conservés dans le passage.