Palais de la culture
place Primariei angle rue George Enescu
Targu Mures
1910-1914

Architectes
Marcell KOMOR
Deszo JAKAB

Le siège de l'orchestre philharmonique de la ville s’y trouve, ainsi que la bibliothèque régionale, le musée d'art et d'histoire, des galeries d'art et un centre de conférences Le Palais de la culture de Targu Mures est le dernier projet avant le commencement de la Première Guerre mondiale réalisé par le prolifique partenariat des deux architectes. Il est considéré leur plus complète oeuvre. Le Palais de la culture est aussi la dernière construction réalisée par les auteurs dans l'idiome régional-romantique associé à l'esprit sécessioniste de l'Europe centrale en variante magyare. A la différence du volume autonome de la Préfecture voisine de ce projet, le Palais de la culture est un édifice situé dans l'angle qui articule deux parties de la rue de manière perpendiculaire, sans accent de volume qui puissent exprimer l'existence d'espaces intérieurs, comme par exemple la salle de concert. Le bâtiment est rythmé par des travées monumentales et présente des registres horizontaux très différentiés, à partir des étages inférieurs traités comme un socle surdimensionné de maçonnerie de granit en opposé cyclopéen régularisé, en passant par deux niveaux différenciés du point de vue chromatique. Le dernier niveau se présente comme une pseudo-loggia située sous l'avant-toit à arcature fine en temps rapide. Le toit de tuile émaillée à éléments en quatre nuances vers les extrémités fait recours à un motif décoratif en champ continu, contrastant, du point de vue de la chromatique et de l'ornementation, avec le toit de la Préfecture. L'élément caractéristique des façades est l'association de nature éclectique de certaines formules de composition, d'expression et d'ornements très différentes. Cet élément incorpore dans les surfaces architecturales des matériaux forts, citations de la Renaissance ou de la période gothique, un alto-reliefs figuratifs à sujets historiques, de très vastes et très beaux panneaux (certains sur deux niveaux) en mosaïque de verre sur un fond doré à sujets de stylistique symbolique avec des personnages et des éléments végétaux, des portraits sculptés d'une manière réaliste en ronde-bosse, insérés dans la façade et le fer forgé. L'exécution est tout à fait remarquable et l'édifice est très bien conservé. A l'intérieur, nous trouvons de espaces très vastes (des foyers, une salle de concert avec orgue, des salles d'exposition, une salle de conférences, des salles de cours, une bibliothèque, des espaces de musée, des galeries (orientées vers la rue). L'intérieur est dominé par un traitement chromatique de couleurs saturées et profondes utilisées pour la technique de la peinture à l'huile sur préparation d'enduit. Les sujets des légendes historiques sont traités d'une manière symboliste, et les motifs végétaux font référence au folklore local et aux guirlandes typiquement sécessionistes de vigne, pivoine, tulipe, nénuphar, iris, etc. Les vitraux de grandes dimensions combinent un décor géométrisé à lignes brisées avec de vraies narrations figuratives de grandes tailles. Les nombreuses motifs d'ornementation géométrique, spatiale, d'inspiration viennoise (stalactites, motifs de pyramides pointues, chapiteaux en tronc de pyramide, le motif du carré etc.) définissent l'esthétique de la salle de concert. Matériaux : Brique, béton armé, granit, céramique émaillée, mosaïque, stucs, fer forgé, miroirs, mobilier inclus. Techniques : Mur porteur, charpente en bois, couverture de tuile émaillée, mosaïques en verre de Murano, vitraux, peinture décorative en huile sur crépi réparée, sculpture en alto-relief. Influences : L'édifice a une volumétrie simple, mais il est animé par une décoration extrêmement riche et diversifiée, éclectique du point de vue des sources d'inspiration, des techniques et des matériaux utilisés et subordonnés au sentiment général du Sécession tardif de type viennois-budapestois à teinte romantique et régionaliste. Contexte urbain : L'édifice couvre le côté sud du square monumental du centre administratif de la ville et du département, dominé par l'édifice de la préfecture et de son campanile (réalisée antérieurement par les deux architectes). La façade à l'est est flanquée par le largo de végétation riche avec des statues commémoratives et il est animé par une vie commerciale, touristique et culturale très active.

Classé monument d’architecture

Artistes: Roth Miska et Nagy Sandor (mosaïques de la façade, vitraux intérieurs), Kallos Erno (sculpture figurative), Korosofy-Kriesch Aladar (peinture intérieure), l'architecte Thoroczay-Wiegand (les vitraux intérieurs) parmi d'autres